Voilà quelques jours, Nelly Olin, la ministre de l'écologie, s'exprimait longuement dans nos colonnes par rapport à la réintroduction de l'ours sur le massif. Et annonçait notamment des mesures pour permettre une meilleure cohabitation entre plantigrade et éleveurs.
Parmi ces mesures, figure bien sur la présence de patous. Une mesure encouragée par «l'association pour la cohabitation pastorale» qui narre une rencontre entre ours et chiens survenue le 20 juillet dernier, sur l'estive de Siguer Neych (Ariège).
Jean-Claude Teulière de Junac péchait la truite aux Etangs du Lassiès (altitude 2400 m) quand il entend de bon matin des chiens aboyer de façon virulente... Il est témoin d'une scène de confrontation ours/Patou qui durera 3 à 4 minutes. «Quand j'ai entendu les chiens aboyer, je me suis retourné, j'ai d'abord cru que c'était le pâtre puisque les brebis bougeaient sur le côté. Ensuite, j'ai vu une masse sombre avec des couleurs claires à l'encolure. J'ai vite compris que c'était l'ours.»
«Il était à environ 250 mètres. Il marchait au pas. Cela m'a surpris. Je n'imaginais pas que l'ours pouvait venir si hautdans cette zone non boisée. Je pensais que j'allais assister à un dégât sur les brebis car il allait vers elles.»
«A l'arrivée de l'ours, les chiens ont fait face en aboyant de façon menaçante. Un des trois patous est resté plus en retait dans le troupeau et les brebis se sont décalées. Ensuite l'ours s'est dirigé sur un monticule puis il a lancé une charge et poursuivi un Patou, les deux autres sont arrivés à la rescousse. L'ours a reculé puis lancé une nouvelle et ultime charge avant de s'en aller au pas et de disparaître. Ce qui m'a étonné c'est que tout le temps de cette confrontation, le troupeau est resté calme.»
Un exemple du travail des chiens de berger qui prouve que la méthode fonctionne bien. Mais est-elle applicable dans les Hautes-Pyrénées ? Tout dépend du mode d'élevage. Les propriétaires d'animaux dans le pays toy répondront sans doute «non», mais l'expérience ne vaut-elle pas d'être tentée ? L B.
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